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La grève du lait entamée par les producteurs de plusieurs pays européens est choquante mais elle ne provoque pas pour l'instant de pénurie en France, déclare le ministre de l'Agriculture.
Les producteurs français, qui promettent vendredi une "journée blanche" avec des déversements de lait massifs, devaient être reçus par Bruno Le Maire dans la matinée.
Samedi, le ministre organise une réunion avec les organisations syndicales agricoles avant de s'entretenir avec les banquiers et les assureurs lundi.
"Cette grève du lait est je crois choquante pour tous les citoyens européens parce que nous voyons des producteurs de lait désespérés et qu'il faut leur apporter des solutions", a-t-il déclaré sur RTL.
"Et elle choquante à un échelon plus politique, parce que, dans un continent qui a 500 millions d'habitants et 33 millions de citoyens mal nourris, voir le lait jeté dans les champs ou ailleurs cela a quelque chose de choquant", a-t-il ajouté.
En France, "les premières évaluations que nous donnent les industriels c'est que la baisse d'approvisionnement en lait (est) de l'ordre de 10% sur le territoire national mais il n'y a pour le moment pas de problème d'approvisionnement", a-t-il dit.
Interrogé sur Europe 1, le président de la FNSEA Jean-Michel Le Métayer a abondé dans le sens du ministre.
"Montrer qu'on jette le lait alors que pour les enfants le lait ça veut dire la vie... Beaucoup de nos visiteurs étrangers ne comprennent pas qu'on jette une production qui est un symbole", a-t-il expliqué.
La FNSEA ne soutient pas la grève du lait organisée par les producteurs pour protester contre la chute des cours et réclamer à la Commission européenne le gel des hausses de quotas d'ici à leur disparition définitive, en 2014.
Pour Bruno Le Maire, la crise du lait "c'est la faute d'un marché international pas régulé".
"Nous avons fait le choix mauvais de la dérégulation il y a quelques années. Ce choix il faut le renverser et remettre en place une régulation européenne (...) Il faut arriver à stabiliser le prix du lait pour arriver à stabiliser les revenus des producteurs", a-t-il plaidé. "On est sur la bonne voie mais de vous à moi je trouve que cela ne va pas assez vite."
A ses yeux, la solution en France "c'est d'abord des aides immédiates" notamment pour alléger les charges financières des producteurs.
Lors de sa rencontre avec les banquiers et les assureurs, Bruno Le Maire doit obtenir "la possibilité de report de toutes nos échéances de fin d'année afin que nous puissions envisager 2010 avec un peu d'espoir", a déclaré le président de la FNSEA. |